Hôtel Malpel

à Montauban

Hôtel Malpel Montauban
Hôtel Malpel Montauban
  • Parmi les belles demeures qui longent le Tarn, l'hôtel Malpel domine la rive gauche par sa tour carrée massive. Il est le plus vaste des hôtels particuliers du quai de Villebourbon et se distingue par un plan original en "H" entre cour et terrasses.



    Histoire.Entre 1654 et 1664, Jean de Blasy, conseiller à la Cour des aides achète huit parcelles contigües situées le long de la rivière afin de bâtir une nouvelle demeure. Bien qu'il puisse être un homonyme, Jean de Blasy serait également le propriétaire de l'hôtel que louait la Cour des aides à l'actuel passage du vieux Palais. L'inventaire révèle d'ailleurs la présence des armes de la famille dans les cages d'escalier des deux hôtels : un coq portant une couronne surmonté de trois étoiles. Au XVIIIe siècle, l'hôtel est successivement racheté par les familles Lagravère, Bergis et Foissac, négociants et teinturiers.



    C'est entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle que l'édifice devient la propriété de Charles Malpel (1846-1926) dont il garde le nom. Avoué à la Cour d'Appel de Toulouse, Malpel s'intéresse très tôt à l'art moderne. Collectionneur averti, il est l'ami et le protecteur des peintres "fauves" Matisse et Vlaminck. Le néerlandais Kees Van Dongen (1877-1968), auteur des portraits des époux Malpel aurait même séjourné dans le bel hôtel, écrin des collections de la famille.Le 26 décembre 1923, Marcel Sémézies décrit dans ses mémoires l'atelier aménagé dans les salles basses de l'hôtel : "Le soir, par une épouvantable tempête, je vais chez Malpel qui inaugure un atelier qu'il a fait installer dans les pièces basses de son hôtel, trois pièces aux belles voûtes. Les tableaux sont presque tous de cet art moderne que je n'aime pas, mais par un miracle de goût il a su faire la transition entre ce décor de peintures et le décor général..."

    Entre cour et terrasses.Alors que la majorité des hôtels de Villebourbon ont été remaniés au cours des XVIIIe et XIXe siècles. Le jeu des modénatures à cordons et panneaux de briques des façades est comparable à celui de la place Nationale et son escalier présente une remarquable voûte d'ogives à clé pendante. De même, la façade sur rue présente un mur de clôture galbé surmonté d'une coursive avec une garde-corps en fer forgé. Au centre, la porte piétonne, séparée de la porte cohère témoigne d'un archaïsme pour le XVIIIe siècle.



    Il faut remarquer l'irrégularité des deux ailes de l'hôtel. Au sud, le propriétaire transforme la ruelle, ouverte en 1688, en passage sur lequel il agrandit sa résidence. Ainsi, le maître des lieux tout en améliorant le confort de sa demeure permet à ses concitoyens de rejoindre facilement les bords du Tarn.

    Les façades, simplement homogénéisées laissent croire que le passage appartient à l'hôtel. Face au Tarn, une large terrasse est encadrée par des ailes en retour. Au-dessus de l'aile gauche se déploie une seconde terrasse.

    Si les nuisances de l'activité industrielle du XVIIIe siècle ont probablement empêché les propriétaires de profiter de cet espace aéré, les hommes du XIXe siècle sauront inventer de nouveaux usages.

  • Langues parlées
    • Français