Hôtel de Pullignieu

à Montauban

Hôtel de Pullignieu Montauban
Ancien hôtel particulier de PullignieuMontaubanTourisme
  • L'hôtel de Pullignieu était l'un des plus majestueux hôtels particuliers montalbanais de la fin du XVIIIe siècle. Seules quelques photographies du début du XXe siècle témoignent encore de son lustre dans l'ancienne rue des Lixes. De nos jours, il est difficile d'imaginer l'aspect de cette demeure amputée de son jardin.


    Histoire.Après 1661, le démantèlement des fortifications libère de vastes espaces qui permettent la création d'une promenade et la construction de belles et grandes demeures telles que l'hôtel de Michel de Colomb (Collège des Jésuites) et l'hôtel d'Aussonne noyau primitif de l'hôtel de Pullignieu. Vers 1684, les consuls autorisent à ces propriétaires la création de jardins qui vont réduire la promenade des Lixes de façon conséquente.L'hôtel Aussonne est édifié à cet emplacement autour de 1672. Il est loué dès le premier quart du XVIIIe siècle par l'Intendance en recherche d'un siège administratif. Très vite devenues trop exiguës, on acquiert des maisons voisines pour créer les extensions nécessaires aux besoins de l'Intendance. Un plan aquarellé de 1755 donne une idée de la forme primitive de l'hôtel. Celui-ci s'élève sur une parcelle étroite. À cette époque l'entrée principale donne sur la rie des Soubirous-Bas tandis qu'un jardin ou une large terrasse s’étend sur les anciens fossés. De cet hôtel primitif subsistent, en sous-sol, de vastes salles voûtées sur croisée d'ogives caractéristiques du XVIIe siècle.En 1758, le bâtiment est acheté par les Consuls. L'Intendance reste locataire jusqu'en 1776 puis emménage dans l'hôtel Prat-Dumiral. Deux ans plus tard, Dominique de Pullignieu, premier président de la Cour des Aides achète l'édifice et en fait sa demeure particulière. En ce dernier quart du XVIIIe siècle, on procède alors à des transformations telles que son plan, le rapprochant de l'idéal à la Française.
    Le dessin au lavis d'Alexandre Parisot (1750-1820), daté de 1779, expose l'hôtel sous son plus beau jour. Sur ce dessin, certes quelque peu idéalisé, la façade du corps principal est mise en valeur par deux ailes qui enserrent un jardin animé par un parterre composé de pièces de gazon formant un décor géométrique. Si l'aile nord abrite les écuries, l'aile sud surmontée d'une terrasse est percée d'un portail d'entrée monumental. En réalité, ce jardin est aussi une véritable cour d'apparat magnifiant la façade principale. 
    Au milieu des années 1790, Pullignieu se retire à Toulouse. L'hôtel est acheté par la famille Bonnecaze en 1833 puis vendu de nouveau en 1878 à la commune qui l'affecte au Cercle Militaire. Les cartes postales témoignent des modifications apportées après l'exécution du dessin de Parisot : l'aile des écuries est remplacée par un corps de bâtiment sur trois niveaux et les façades sont homogénéisées avec celle du logis central. Sur la rue des Lixes, s'ouvre un portail orné d'une frise à palmettes. Au centre, un mascaron d'homme barbu est similaire à celui conservé au centre du patrimoine de Montauban. Aujourd'hui, l'hôtel particulier est devenu un établissement d'enseignement privé d’esthétique. 
    Le jardin disparu.Dès la première moitié du XVIIIe siècle, tous les jardins privés de la rue des Lixes suscitent la convoitise. Les consuls sont à la recherche de nouveaux espaces car les jardins forts étendus du Collège et de l'Intendance constituent un frein à l'expansion des foires et marchés. Leur souhait est de détourner le traffic commercial sur la grande route de Paris afin de fluidifier et étendre la promenade. La ville espère récupérer l'espace vert avant qu'il ne passe entre les mains de Pullignieu, mais, malgré une lutte obstinée, l'hôtel et son jardin ne sont pas dissociés. Le président de la Cour des aides accepte cependant de reprendre les ailes latérales pour permettre l'élargissement de la rue des Lixes.C'est finalement au XXe siècle que sonne le glas du jardin et de ses ailes en retour. La rue se transforme. En 1926, une nouvele poste voit le jour. L'hôtel de Pullignieu, à nouveau propriété de la ville, est amputé de son jardin et de ses ailes en 1937 et se retrouve alors précédé d'une vaste place : celle des martyrs. Une nouvelle ère est née, celle de l'automobile, la rue des Lixes ne cesse de se modifier. Entre 1974-1975, elle devient le boulevard Midi-Pyrénées rebaptisé depuis juillet 2008 allées de l'Empereur.