Hôtel au portail retors

à Montauban

Hôtel au portail retors Montauban
  • La tradition a longtemps considéré, sans preuve, cet édifice comme un vestige de l'ancien château comtal alors qu'il s'agit d'une demeure patricienne. La récente étude des cadastres et compoix permet d'éclairer l'histoire d'un des plus vieux hôtels particuliers montalbanais mais aussi celle de son quartier à l'aube de la Renaissance.



    Son histoire.À la fin du XVe siècle, l'édifice était la propriété de Jean Vezia, conseiller du Roi au parlement de Bordeaux. Il passa au milieu du siècle suivant aux Bardon qui y résidèrent pendant une centaine d'années. Plusieurs d'entre eux jouèrent un rôle de premier plan dans la cité protestante. Autour de 1650, l'édifice devient la propriété d'Elie de Bar, seigneur de Camparnaud. Ses héritiers le conservent jusqu'en 1779, année où il est vendu à Pierre Locrate, procureur au sénéchal. Le poète et romancier montalbanais Marcel Sémézies, son descendant, y passe son enfance dans les années 1860.Comme nombre de ses voisins, la maison s'étendait sur une longue parcelle en lanière de plus de 70 mètres. Le logis d'habitation ouvrait sur le rue sant Jacme et les communs sur la rue dels Banhs. Cette voie, actuelle rue de l'Hôtel de Ville, bordée de quelques-uns des plus grands hôtels particuliers du XVIIIe siècle, n'avait pas encore son caractère prestigieux. Encombrée par de petites maisons modestes faisant face aux écuries et aux remises des maisons patriciennes, elle était pentue et servait pour l'écoulement des eaux usées et pluviales.À la fin du XVIIIe, la parcelle est divisée. La partie ouvrant sur la rue des Bains est vendue par Pierre Locrate à un négociant nommé Rouffio. Un mur de 10 pieds est alors édifié entre les deux propriétés. De nos jours, un bel immeuble aux ferronneries Louis XV s'élève à l'emplacement des écurues du vieil hôtel. 

    Des vestiges du XVe siècle.Rue de la République, le corps de logis conserve d'exceptionnels vestiges de la fin du XVe siècle, un ensemble classé monument historique depuis 1984. L'entrée est signalée par un élégant portail torsadé en pierre. En rez-de-chaussée, une salle, probablement destinée aux affaires professionnelles du propriétaire, est recouverte d'une voûte à liernes et tiercerons d'une remarquable finesse. Le passage menant à la cour est quant à lui orné de culs-de-lampe sculptés d'anges et d'animaux fabuleux. 

    À l’arrière, ,un escalier en vis placé dans une tour à pans coupés ornée de gargouilles, dessert les étages. Ce modèle de tour avec des baies angulaires n'est pas sans rappeler l'escalier de la "maison du Crieur" située dans la rue Gillaque. La galerie, soutenue par des consoles massives, est de facture plus récente cependant le mur citoyen sur lequel elle s'appuie semble contemporain du logis. De petites baies chanfreinées caractéristiques du XVe siècle y sont réparties aux étages. Le corps de bâtiment du fond de cour semble avoir été construit à la fin du XVIIIe siècle ou au XIXe siècle. 

  • Langues parlées
    • Français